Fiscalité crypto 2026 : comment déclarer ses cryptomonnaies aux impôts ?

Mis à jour le 17 septembre 2026. En France, la fiscalité crypto dépend surtout de ce que vous avez fait avec vos actifs numériques, pas seulement du fait d’en détenir. Pour un particulier qui gère son patrimoine privé, une cession contre des euros, un bien ou un service peut déclencher l’imposition, alors qu’un échange crypto → crypto sans soulte bénéficie en principe d’un sursis d’imposition. Pour la déclaration 2026, la DGFiP indique un taux forfaitaire global de 31,4 % pour les plus-values relevant du régime de l’article 150 VH bis, avec possibilité d’opter pour le barème progressif. Les opérations imposables se détaillent sur le formulaire 2086 et certains comptes ou portefeuilles liés à des organismes établis à l’étranger doivent être déclarés via le dispositif 3916 / 3916-bis.
Ce guide explique les règles applicables en 2026 à partir des sources fiscales officielles. Il traite séparément la gestion privée, les situations assimilables à une activité professionnelle, le staking, le minage, les NFT et les obligations déclaratives à l’étranger. Il ne remplace pas une analyse de votre situation personnelle.
Repère de dates : la déclaration de revenus effectuée en 2026 porte principalement sur les opérations réalisées en 2025. Le formulaire 2086 millésime 2026 concerne donc les cessions de 2025. En revanche, certaines évolutions présentées plus loin — notamment le nouveau régime de certains NFT et DAC8 — concernent les opérations ou données de 2026 et auront principalement des effets déclaratifs à partir de 2027.
Fiscalité crypto : les règles à connaître en 2026
La première distinction à faire est celle du régime fiscal. La DGFiP distingue aujourd’hui plusieurs situations : la gestion du patrimoine privé, les opérations réalisées dans des conditions analogues à celles d’une activité professionnelle, et l’achat-revente exercé comme véritable activité commerciale.
- Gestion du patrimoine privé : le régime de l’article 150 VH bis s’applique aux cessions de crypto-actifs réalisées par un particulier. La DGFiP précise qu’il s’applique quel que soit le nombre de transactions, dès lors que l’on reste dans la gestion privée.
- Conditions analogues à une activité professionnelle : les bénéfices peuvent relever des BNC lorsque l’activité présente des caractéristiques proches de celles d’un professionnel, par exemple par la sophistication des outils et des techniques utilisés.
- Activité commerciale d’achat-revente : lorsqu’il s’agit réellement d’une activité commerciale, les bénéfices relèvent des BIC.
Il est donc trop simpliste d’écrire « particulier = flat tax, professionnel = BIC ». La qualification dépend des faits. Le volume de transactions, à lui seul, ne suffit pas à transformer automatiquement un particulier en professionnel.
Quelles opérations crypto sont imposables ?
Dans le régime de la gestion privée, l’élément décisif est la cession à titre onéreux. Le texte actuel de l’article 150 VH bis du CGI prévoit en revanche un sursis d’imposition pour les échanges sans soulte entre crypto-actifs.
| Opération | Imposition immédiate ? | Principe |
|---|---|---|
| BTC → EUR | Oui, en principe | Cession contre monnaie ayant cours légal. |
| BTC → ETH sans soulte | Non, en principe | Échange entre crypto-actifs bénéficiant du sursis prévu par l’article 150 VH bis. |
| BTC utilisé pour acheter un ordinateur | Oui, en principe | La crypto est cédée en contrepartie d’un bien ou d’un service. |
| Transfert entre deux wallets personnels | Non, en principe | Pas de cession si le propriétaire économique ne change pas. |
| Échange crypto → crypto avec soulte | À analyser | La soulte peut avoir des conséquences fiscales spécifiques. |
Le paiement d’un achat avec une crypto ne doit donc pas être confondu avec un simple transfert technique entre deux portefeuilles appartenant à la même personne. Dans le premier cas, il existe une contrepartie économique ; dans le second, il n’y a normalement pas de cession à un tiers.
Quel est le taux d’imposition des cryptos en 2026 ?
Pour les plus-values relevant de la gestion privée, la DGFiP indique désormais un PFU de 31,4 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux. Cette information provient de la page dédiée aux cessions de crypto-actifs, mise à jour le 17 juillet 2026.
Certaines pages publiques ou certains guides encore accessibles affichent toujours l’ancien total de 30 %. Pour cette mise à jour Astorz, nous retenons la documentation DGFiP la plus récente et spécifique aux crypto-actifs.
Le contribuable peut également opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. La DGFiP indique que cette option s’exerce via la case 3CN, qu’elle est expresse et irrévocable pour l’année concernée et qu’elle est indépendante de l’option applicable aux revenus de capitaux mobiliers. Le choix le plus avantageux dépend de la situation fiscale de chaque foyer ; il n’existe pas de réponse universelle.
Le seuil de 305 € : ce qu’il signifie vraiment
Le seuil de 305 € est souvent mal expliqué. Il ne s’agit ni d’un seuil de bénéfice, ni d’une exonération applicable transaction par transaction. Le CGI vise la somme des prix de cession de l’année, hors échanges bénéficiant du sursis d’imposition.
Si cette somme annuelle n’excède pas 305 €, les cessions concernées sont exonérées dans le cadre prévu par l’article 150 VH bis. Si le total annuel dépasse 305 €, on ne peut pas « fractionner » artificiellement ses ventes pour créer plusieurs exonérations : le seuil s’apprécie globalement sur l’année.
Attention : l’exonération d’impôt ne supprime pas l’obligation déclarative. La brochure fiscale DGFiP 2026 précise que la déclaration n°2086 doit être jointe même lorsque le montant total annuel des cessions n’excède pas 305 €.
Exemple simple : trois ventes contre euros de 150 €, 100 € et 80 € représentent 330 € de prix de cession au total. Le seuil annuel de 305 € est donc dépassé, même si aucune des trois opérations ne dépasse 305 € prise isolément.
Comment calculer une plus-value crypto ?
Le régime français ne repose pas sur un simple « prix de vente – prix d’achat du token vendu ». Pour un particulier soumis à l’article 150 VH bis, le calcul utilise la valeur de l’ensemble du portefeuille au moment de chaque cession imposable.
Plus ou moins-value brute = Prix de cession – [Prix total d’acquisition du portefeuille × Prix de cession / Valeur globale du portefeuille]
Cette formule figure dans la notice intégrée au formulaire 2086 millésime 2026.
Exemple fictif
Supposons, pour simplifier, qu’il s’agisse de votre première cession imposable de l’année, sans frais ni soulte :
- prix total d’acquisition du portefeuille : 12 000 € ;
- valeur globale du portefeuille au moment de la vente : 20 000 € ;
- prix de cession en euros : 5 000 €.
La fraction de capital attachée à cette cession est de 12 000 × 5 000 / 20 000 = 3 000 €. La plus-value brute de cette cession est donc de 5 000 – 3 000 = 2 000 €.
En pratique, les cessions antérieures, les fractions de capital déjà consommées, les frais et les éventuelles soultes doivent être pris en compte. C’est précisément pour cette raison qu’un historique complet des opérations est indispensable.
Comment remplir le formulaire 2086 ?
Le formulaire 2086 est l’annexe utilisée pour détailler les plus ou moins-values sur cessions de crypto-actifs relevant de l’article 150 VH bis. Le millésime 2026 concerne les opérations réalisées en 2025.
- Dans la déclaration en ligne, ajoutez l’annexe 2086 depuis les déclarations annexes.
- Renseignez chaque cession imposable avec les éléments nécessaires : date, prix de cession, valeur globale du portefeuille, prix total d’acquisition, frais et éventuelle soulte.
- Le récapitulatif détermine la plus-value ou la moins-value globale du foyer fiscal.
- En ligne, le résultat alimente la case 3AN en cas de plus-value ou 3BN en cas de moins-value.
- Si vous optez pour le barème progressif, la DGFiP indique de cocher la case 3CN.
Le formulaire 2086 n’est donc pas simplement un formulaire où l’on inscrit « le gain total de l’année ». Il sert à documenter le calcul fiscal des cessions réalisées.
Faut-il déclarer Binance, Kraken ou un exchange étranger ?
La réponse ne doit pas être déduite du seul nom commercial de la plateforme. Il faut identifier l’entité auprès de laquelle le compte ou le portefeuille est effectivement ouvert et son lieu d’établissement.
Le formulaire 3916 / 3916-bis millésime 2026 comporte explicitement la rubrique « Compte d’actifs numériques ». Il vise notamment les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger et prévoit une déclaration par compte concerné.
Ce qui a changé le 1er juillet 2026
Le texte de l’article 1649 bis C du CGI, en vigueur depuis le 1er juillet 2026, est désormais rédigé plus largement. Il vise les références de certains portefeuilles de crypto-actifs ouverts, détenus, utilisés ou clos auprès d’entreprises ou organismes établis à l’étranger, ainsi que certains crypto-actifs uniques et non fongibles détenus ou utilisés à l’étranger.
Cette évolution doit être lue avec prudence : le texte renvoie encore à un décret pour ses modalités d’application, et le formulaire 3916 millésime 2026 a été publié avant cette modification législative. Il serait donc excessif d’en conclure que tout wallet self-custody détenu par un résident français devient automatiquement un « compte étranger » à déclarer. Pour un cas complexe, il faut vérifier la version du formulaire et des textes applicable à la campagne concernée.
Staking et minage : quelle fiscalité ?
La doctrine publique est aujourd’hui plus claire qu’auparavant sur ces deux activités. La DGFiP indique que les bénéfices issus du minage ou du staking sont imposés dans la catégorie des BNC.
Cette règle ne permet toutefois pas de classer automatiquement tout produit DeFi dans la même catégorie. Le staking natif, une récompense distribuée par une plateforme, un produit de lending ou une stratégie de yield farming peuvent reposer sur des mécanismes juridiques et économiques différents. Lorsque les montants sont significatifs ou que le produit est complexe, il faut qualifier précisément l’opération au lieu d’appliquer une étiquette fiscale générique.
Trading crypto intensif : particulier, BNC ou BIC ?
Le nombre de transactions n’est pas un critère automatique de bascule vers un régime professionnel. La DGFiP précise expressément que le régime de la gestion privée peut s’appliquer quel que soit le nombre de transactions.
En revanche, des opérations réalisées dans des conditions analogues à celles d’une activité professionnelle peuvent relever des BNC. L’administration cite notamment les opérations nombreuses et sophistiquées réalisées avec les mêmes outils et techniques que des traders professionnels. Si l’achat-revente constitue une véritable activité commerciale, la catégorie BIC peut s’appliquer.
Pour les actions, CFD, Forex et autres instruments financiers, les règles ne sont pas les mêmes : consultez notre guide distinct sur la fiscalité du trading. Cette page reste volontairement centrée sur les crypto-actifs.
Que deviennent les moins-values crypto ?
Dans le régime des particuliers, les moins-values de l’année s’imputent exclusivement sur les plus-values de même nature réalisées au cours de la même année. Elles ne s’imputent pas sur les plus-values d’autres catégories et, contrairement à certaines moins-values sur valeurs mobilières, elles ne sont pas reportables sur les années suivantes.
La case 3BN permet de reporter la moins-value globale lorsque la déclaration aboutit à un résultat négatif.
Airdrops, DeFi et yield farming : éviter les raccourcis
Il n’existe pas, dans les sources officielles consultées pour cette mise à jour, une règle unique permettant d’écrire « airdrop = BNC », « DeFi = PFU » ou « yield farming = revenu mobilier » dans toutes les situations.
La fiscalité dépend du mécanisme : rémunération d’un service, attribution gratuite, intérêt économique d’un prêt, récompense liée à une activité, puis éventuelle cession ultérieure du token reçu. Il faut distinguer le moment où un actif est reçu du moment où il est ensuite cédé. Pour les dossiers importants ou complexes, une analyse individualisée est préférable.
NFT : une nouvelle règle fiscale s’applique en 2026
La loi du 25 juin 2026 a créé l’article 150 VH ter du CGI. Il s’applique aux cessions réalisées à compter du 1er janvier 2026 de certains crypto-actifs uniques et non fongibles au sens du règlement MiCA.
Le principe est nouveau : la plus-value est imposée selon le régime fiscal applicable au bien ou au droit que le NFT représente. Cela signifie précisément qu’il ne faut plus présenter « les NFT » comme une catégorie fiscale unique. Deux NFT peuvent relever de traitements différents s’ils représentent des droits ou des actifs de nature différente.
Cette règle concerne les cessions de 2026 et doit donc être prise en compte pour la déclaration des revenus correspondants. Pour un NFT complexe ou dont la qualification juridique est incertaine, une analyse spécifique reste nécessaire.
DAC8 : ce que les plateformes vont transmettre
La directive européenne DAC8 est applicable depuis le 1er janvier 2026. Elle étend la coopération fiscale européenne aux crypto-actifs et impose aux prestataires déclarants de collecter des informations sur les transactions des utilisateurs concernés.
Il ne faut pas traduire cela par « le fisc reçoit instantanément toutes vos transactions depuis janvier 2026 ». La Commission européenne indique que la collecte commence en 2026 et que le premier reporting portant sur les données 2026 doit intervenir en 2027, au plus tard dans les neuf mois suivant la fin de l’année couverte.
DAC8 ne crée pas, à lui seul, un nouvel impôt sur les cryptos. Il renforce surtout la transparence et les échanges d’informations entre administrations fiscales.
Les documents à préparer avant de déclarer
- historique complet des achats et cessions ;
- valeur du portefeuille global au moment de chaque cession imposable ;
- montants investis en monnaie ayant cours légal ;
- frais de transaction justifiables ;
- liste des comptes ou portefeuilles concernés par une obligation de déclaration à l’étranger ;
- justificatifs concernant staking, minage ou autres revenus distincts des simples cessions.
Conserver une traçabilité claire est particulièrement important lorsque plusieurs plateformes, wallets ou protocoles ont été utilisés au cours de l’année.
FAQ fiscalité crypto 2026
Dois-je déclarer mes cryptos si je ne les ai pas vendues ?
La simple détention ne déclenche pas, à elle seule, une plus-value imposable au titre de l’article 150 VH bis. En revanche, certaines obligations déclaratives peuvent exister pour des comptes ou portefeuilles liés à l’étranger.
Un échange Bitcoin contre Ethereum est-il imposable ?
Dans le régime du particulier, un échange crypto → crypto sans soulte bénéficie en principe du sursis d’imposition prévu par l’article 150 VH bis. Il ne déclenche donc pas à lui seul une imposition immédiate.
À partir de combien doit-on payer de l’impôt sur ses cryptos ?
Le seuil de 305 € porte sur la somme des prix de cession de l’année, hors échanges en sursis, et non sur la plus-value ni sur chaque transaction prise séparément.
Comment remplir le formulaire 2086 ?
Le 2086 détaille les cessions imposables et le calcul du portefeuille global. En déclaration en ligne, le résultat alimente ensuite les cases 3AN ou 3BN de la déclaration principale.
Faut-il déclarer un compte Binance ou Kraken ?
Il faut vérifier l’entité auprès de laquelle le compte est juridiquement ouvert et son lieu d’établissement. Le nom de la plateforme, à lui seul, ne suffit pas pour conclure.
Le staking est-il imposable ?
La DGFiP indique actuellement que les bénéfices issus du staking relèvent des BNC. Les produits DeFi plus complexes doivent toutefois être qualifiés selon leur mécanisme réel.
Peut-on reporter une moins-value crypto sur l’année suivante ?
Non dans le régime des particuliers : la moins-value s’impute seulement sur les plus-values de même nature de la même année et ne se reporte pas sur les années suivantes.
À retenir
La fiscalité crypto française repose moins sur le nombre de transactions que sur la nature des opérations et la situation du contribuable. En gestion privée, les cessions contre monnaie, biens ou services peuvent être imposables, tandis que les échanges crypto → crypto sans soulte bénéficient d’un sursis. La déclaration 2086 utilise une formule de portefeuille global, le seuil de 305 € est annuel, les moins-values ne sont pas reportables et la DGFiP affiche désormais un PFU global de 31,4 %. Les revenus de staking et de minage relèvent actuellement des BNC selon la DGFiP, tandis que la DeFi, les airdrops et certains NFT demandent davantage de prudence.
Pour une situation comportant plusieurs pays, une activité professionnelle, des structures juridiques, des protocoles DeFi complexes ou des montants importants, vérifiez votre cas auprès de la DGFiP ou d’un professionnel qualifié. Vous pouvez également consulter l’avertissement sur les risques publié par Astorz pour le cadre général des contenus financiers du site.

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